Qu’est-ce que l’ergothérapie ?
L’ergothérapie est une profession paramédicale centrée sur l’autonomie et la qualité de vie des personnes souffrant de handicaps physiques, psychiques ou cognitifs. L’ergothérapeute évalue, prévient, compense ou rééduque les troubles qui limitent la participation d’un individu dans ses activités quotidiennes, scolaires ou professionnelles. À travers des activités thérapeutiques, des conseils en aménagement du domicile ou du poste de travail, ou encore l’utilisation d’aides techniques, l’ergothérapeute aide ses patients à retrouver une vie active, malgré leurs limitations.
En 2024, la demande en ergothérapeutes ne cesse de croître, notamment avec le vieillissement de la population, l’intégration des élèves en situation de handicap en milieu ordinaire, et les avancées dans la prise en charge des maladies chroniques. Se former à ce métier est donc un choix de carrière prometteur et porteur de sens.
Le diplôme d’État d’ergothérapeute : la formation indispensable
Pour exercer légalement en tant qu’ergothérapeute en France, l’obtention du diplôme d’État d’ergothérapeute (DEE) est obligatoire. Celui-ci est reconnu au niveau licence (Bac+3). L’accès à cette formation se fait principalement via la plateforme Parcoursup, et l’entrée se fait généralement après une première année d’études supérieures (notamment PASS, LAS ou STAPS), bien que certaines écoles acceptent également des dossiers avec un bac directement, depuis la réforme de 2019.
La formation au DEE est dispensée dans des Instituts de Formation en Ergothérapie (IFE), rattachés à des CHU ou à des structures privées agréées. Elle comprend :
- Des enseignements théoriques en anatomie, physiologie, psychologie, sciences humaines, mécaniques et sociales.
- Des enseignements pratiques et techniques centrés sur la rééducation, l’analyse de l’activité, l’adaptation de l’environnement et l’évaluation fonctionnelle.
- Plus de 30 semaines de stages répartis sur les trois années, dans des structures très diverses (hôpitaux, centres de rééducation, écoles, EHPAD, entreprises, etc.).
Parmi les écoles publiques les plus reconnues en 2024, on peut citer :
- L’IFE de Paris (rattaché à l’AP-HP et Sorbonne Université)
- L’IFE de Nancy (Université de Lorraine)
- L’IFE de Bordeaux (Université de Bordeaux)
- L’IFE de Lyon (Hospices Civils de Lyon)
Les formations privées et les options post-bac
En plus des écoles publiques, de nombreux établissements privés proposent également le diplôme d’État d’ergothérapeute. Ces écoles affichent souvent des frais de scolarité plus élevés, mais une sélection plus souple et parfois un accompagnement personnalisé. Les candidats intéressés doivent être attentifs à l’agrément de l’établissement et à la reconnaissance de la formation au niveau national.
En 2024, certaines écoles privées proposent aussi des programmes post-bac intégrés, permettant d’entrer directement en première année après le bac, en préparant les étudiants aux exigences de la première année de formation paramédicale.
Parmi les écoles privées reconnues :
- L’Institut de Formation en Ergothérapie de l’ADERE (Paris et Toulouse)
- L’IFETHER (Marseille et Montpellier)
- L’IFPEK de Rennes (école reconnue et partenaire des Hôpitaux Universitaires de Rennes)
Les passerelles universitaires et les doubles cursus
De plus en plus d’étudiants choisissent de combiner la formation en ergothérapie avec des études universitaires, notamment en psychologie, en biomécanique, en sociologie ou en sciences de l’éducation. Ces doubles cursus permettent d’acquérir une spécialisation complémentaire, utile notamment dans les champs de la recherche, de l’enseignement ou des interventions complexes (autisme, neurodivergence, etc.).
On voit également des passerelles s’ouvrir depuis des filières comme le DUT Carrières sociales, la licence STAPS ou encore les formations en soins infirmiers, pour accéder aux IFE par des voies alternatives. Ces options permettent à des étudiants plus avancés ou en réorientation de viser ce métier passionnant sans retourner à zéro.
Les formations à l’international
Certains étudiants choisissent de suivre leur formation à l’étranger, notamment en Belgique, au Canada ou en Suisse, où les programmes d’ergothérapie sont également de très bonne qualité, et parfois plus accessibles.
En Belgique, l’ergothérapie est proposée dans des Hautes Écoles francophones (Condorcet, Hénallux, HELHa…), avec des programmes en trois ans très similaires au DEE français. Ces formations sont reconnues en France, sous réserve de validation par les autorités compétentes.
Au Canada, le cursus est souvent plus long (Baccalauréat + Maîtrise en ergothérapie), mais de nombreux outils technologiques et thérapeutiques y sont enseignés, offrant une vision très moderne du métier. Il faut cependant prévoir des démarches administratives importantes pour travailler ensuite en France.
Les spécialisations et formations continues après le diplôme
Une fois diplômé, l’ergothérapeute peut suivre de nombreuses formations complémentaires pour approfondir une expertise ou s’adapter à des évolutions scientifiques. Ces formations continues sont essentielles pour rester à jour dans une discipline en évolution permanente.
Parmi les spécialisations les plus recherchées en 2024 :
- Ergothérapie pédiatrique (autisme, paralysie cérébrale, dyspraxie)
- Ergothérapie en santé mentale
- Orthèses et aides techniques (fabrication, adaptation aux besoins spécifiques)
- Télé-soin et outils numériques d’intervention
- Ergothérapie du travail ou santé au travail
Des universités et écoles spécialisées proposent des Diplômes Universitaires (DU) ou des Certificats reconnus pour ces disciplines. À noter que l’ANDREPH (Association Nationale des Rééducateurs en Ergothérapie et Professions Handicap) propose également des formations en ligne, adaptées aux professionnels en activité.
Les compétences clés enseignées dans les formations modernes
Les formations en ergothérapie ont suivi l’évolution du métier. En 2024, elles intègrent des modules sur la communication interprofessionnelle, la gestion de projet, ou encore l’inclusion numérique. Le développement des soft skills est également au cœur des nouvelles pédagogies.
Parmi les compétences clés développées pendant les études :
- Capacité d’analyse de l’activité humaine dans son contexte réel
- Évaluation et mise en œuvre d’un projet personnalisé
- Création d’aides techniques sur mesure
- Travail interdisciplinaire avec kinésithérapeutes, psychologues, orthophonistes, etc.
- Adaptation à une société inclusive et multiculturelle
Ces éléments permettent aux futurs ergothérapeutes d’exercer dans une grande diversité de secteurs : sanitaire, médico-social, scolaire, entreprise ou encore recherche.
Vers quelle formation s’orienter en 2024 ?
Le choix de la formation dépendra du parcours scolaire, du mode d’apprentissage souhaité, et parfois des capacités financières. Les Instituts de Formation en Ergothérapie publics restent un excellent choix pour une formation de qualité, relativement accessible financièrement. Les écoles privées, bien que plus coûteuses, permettent parfois un accompagnement plus personnalisé et des modalités pédagogiques plus souples.
Quant aux formations à l’étranger, elles ouvrent une ouverture culturelle et académique précieuse, bien qu’elles nécessitent une grande préparation. Quelles que soient les voies empruntées, devenir ergothérapeute en 2024 nécessite un véritable engagement, une solide formation, et une passion pour l’humain et l’amélioration de sa qualité de vie.
